Difficile de nier la réalité : la mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde après le pétrole. Alors, peut-on s’habiller de manière « responsable » tout en gardant le même budget ? La réponse est oui…
Si de plus en plus de marques communiquent sur leur conscience sociale et environnementale, pour certaines d’entre elles ce n’est qu’un effort de façade. Les vêtements sont souvent fabriqués à l’autre bout de la planète, dans des conditions plus ou moins acceptables. Pourtant, les attentes des consommateurs évoluent. Et les solutions pour y répondre ne manquent pas.
Mode : le synthétique n’est pas automatique
Aujourd’hui, la plupart des vêtements vendus par l’industrie de l’habillement sont fabriqués à partir de matières synthétiques, issues pour la plupart de la pétrochimie. Mais d’autres alternatives existent. Le coton biologique, tout d’abord. Sous ses airs de fibre naturelle, le coton « conventionnel » est une catastrophe écologique. Il consomme 25% des pesticides utilisés dans le monde.
Nous préférons le coton biologique certifié, labellisé Global Organic Textile Standard (GOTS) ou Organic 100 Content Standard (OCS), qui est garanti sans pesticides et moins gourmand en eau. Autre solution, le lin et le chanvre, deux plantes cultivées en France et en Europe, très résistantes, qui poussent avec peu d’irrigation et sans pesticides.
Les progrès récents ont permis d’obtenir une matière douce et souple, loin de l’image du lin qui froisse ou du chanvre qui démange ! Enfin, dernière option, le lyocell (ou tencel), fabriqué à partir de pulpe de bois (eucalyptus ou bambou), une fibre résistante, respirante et dotée d’une grande capacité à absorber l’humidité.
Second hand : les vêtements de seconde main dans l’air du temps
Oubliez la gêne de vous habiller avec des vêtements déjà portés. Sur le Web, les sites se multiplient et favorisent la revente et l’achat de toutes sortes de pièces. Le Bon Coin, Vinted, Patatam, Percentil et même les friperies en ligne… Vous pouvez tout trouver facilement, et sans sortir de chez vous ! Pour ceux qui préfèrent essayer avant d’acheter (ou simplement le contact humain avec la souris), rendez-vous dans les vide-greniers ou les magasins solidaires.
Ces dernières fonctionnent parfaitement, de la collecte des vêtements dans les points de collecte, au tri dans les entrepôts, et à la revente dans les magasins. De plus, ce circuit favorise la création d’emplois en réinsertion (voir les sites de l’entreprise d’insertion Le Relais ou de l’association Amos).
Encore moins cher, le troc et les magasins gratuits ! Le troc vous permet d’échanger vos vêtements avec d’autres personnes. Quand on sait que 70% de sa garde-robe n’est jamais portée, cela permet de faire le tri et de la renouveler.
Vous pouvez en profiter en regardant les événements organisés via les réseaux sociaux ou, pourquoi pas, en organisant vous-même un troc ! Quant aux boutiques gratuites, elles ont souvent lieu lors d’événements festifs : Alternatisa, Journées du développement durable…. Elles sont l’occasion de donner des objets dont on n’a plus besoin et de trouver quelques pépites, à condition de bien chercher !
Mode : le retour du » made in France
Paris a beau être la capitale de la mode, cela n’a pas empêché la plupart des marques de s’expatrier pour des raisons de rentabilité. Quelques irréductibles, comme Saint James, n’ont pas cédé, rejoints par de jeunes créateurs qui veulent promouvoir le savoir-faire français…
C’est le cas de Petit Pote, né en 2010, qui imagine une mode joyeuse et réfléchie avec des vêtements et accessoires pour bébés. Le tissu est certifié Oeko-Tex* et la fabrication est confiée à de petits ateliers français à Bordeaux et dans la campagne girondine.
Le fabricant des jeans 1083 joue également la carte du made in France sur toute la ligne. 1083, c’est le nombre de kilomètres qui séparent les deux villes les plus éloignées de France : Porspoder, en Bretagne, et Menton, dans les Alpes-Maritimes.
C’est aussi la distance maximale qu’un de leurs jeans tissés, teints et cousus localement peut parcourir pour atteindre un magasin français (sachant qu’un jean « classique » parcourt en moyenne 65 000 kilomètres !). Cette marque est née en 2013 de la volonté de relocaliser l’industrie textile à Romans-sur-Isère, ancienne capitale de la chaussure, où l’emploi était passé de 2 000 à 300 postes en moins de vingt ans. Sur un prix de vente de 89 euros, près de 86 euros irriguent l’économie locale !
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